Témoins d'une soif !

"L’homme ne vit pas seulement de pain“

Un voyage vers l’inconnu, l’aventure – c’était mon intention quand j’ai quitté mon petit appartement à Berlin pour commencer à voyager où mon coeur me portera.
Je n’avais aucune idée où ca va être ou combien de temps je vais être en route. Peut – être je reviendrais jamais ? Je ne le savais pas.
Pour le moment, ce que c’était dans mon coeur, c’était un lieu calme, tranquille où je pourrais commencer à dessiner et peindre.
À Berlin, il n’y pas de calme, mais toujours quelque chose à faire, et même s’il y a du temps, la ville ne dort jamais et moi non plus.
C’était le moment pour un changement. Du calme. Un lieu dans la nature. Mais ce n’était pas tout.
J’étais en train de lire un livre spirituel d’un moine allemand, qui me parlait beaucoup. Comme je ne suis pas catholique, je n’avais pas de contact avec des religieux – mais je trouvais qu’il y a quelque chose là-dedans, une sagesse, j’étais fascinée. Et donc j’ai décidé à commencer mon voyage dans un monastère.
Bon, ca ne me semblait pas un vrai « aventure » comme je l’avais imaginé, pourtant la décision s’est manifesté de plus en plus. Aussi la décision d’aller en France, car j’ai toujours voulu connaître ce pays. Comment trouver un monastère alors ?
Ce n’était pas facile, car je n’avais aucune idée où je devrais chercher. J’ai regardé sur l’internet, et je voyais qu’il y ait des monastères qui offrent un séjour de « Ora et Labora », ce qui veut dire « Prier et Travailler ». C’était bien ce que j’avais dans ma tête. Travailler, connaître la vie monastique et peut-être trouver quelques réponses aux questions que j’avais au coeur.
Je me laissais guider par le hazard, j’écrivais quelques e-mails après avoir regardé plusieurs sites des monastères différents, où je demandais si un séjour plus long et la participation au travail soient possible.
La première reponse venait du monastère des Dominicaines à Lourdes, au sud de la France. J’aimais bien la photographie de la maison sur le site d’internet. Le paysage ensoleilé semblait paisible...
Je prenais ca comme signe et confirmais ma venue au début du septembre.
Jusqu’à ce moment là, je ne connaissais pas Lourdes et le signification réligieux. Après m’avoir informé un peu, j’avais un peu peur de partir à un lieu très touristique.
Je me disais qu’on verra bien.
Je suis arrivée le 8 septembre, ce qui est une grande fête de Marie ( ce qu’on m’a dit après) à la gare de Lourdes, d’où on marche 30 à 40 minutes jusqu’au monastère.
Je constatais que, heureusement, le monastère est situé hors de la ville, hors des rues touristiques, entourée par des saules où on voit paître des moûtons.
Une grande allée mène à la maison, ou mieux : Les maisons, car il y a plusieurs maisons de l’hôtellerie.
La soeur hôtellière m’avait déjà attendu et me montrait ma chambre, petite, belle, je l’aimais beaucoup !
Avec elle, j’irais travailler pour le mois prochain, comme c’était prévu.
D’abord on prenais un dîner à la salle à manger, où tous les hôtes se rassemblent deux fois par jour, à midi et à 19 heures le soir. Le petit déjeuner est au self service le matin entre 7 et 9 heures.
C’était mon premier rencontre avec des francais en général et des moniales, mais on m’a recu très, très chaleureusement. Les hôtes, la soeur et aussi la gentille dame qui fait la réception formaient un groupe gentil, légère, ouvert.
Les jours prochains j’avais le temps pour apprendre un peu sur le lieu. La première chose qui m’étonnait, c’était que les moniales vivent en clotûre, qu’elles ne quittent pas la maison, et donc on ne peut pas les voir.
Puis il y avaient la messe et les horaires, les temps de prières, qui étaient nouveaux pour moi. Je n’étais pas obligée d’en participer, mais comme j’ètais venue pour apprendre quelque chose, j’y suis allée souvent.
Le matin, j’aidais la soeur hôtellière à faire les chambres, le ménage et j’aidais aussi à faire un peu de l’ordre après les repas. Mais l’après-midi, j’étais libre pour faire ce que je voulais.
Ce n’est pas facile au début, au monastère, il n’y pas tout ce qu’on a dans une grande ville. Pas de télé, pas de radio, pas de cafés...mais beaucoup de temps pour entendre ce qu’il y a au fond.
Et aussi pour faire ce que j’ai voulu : dessiner. Et lire.
Avec l’aide des soeurs je plongeais de plus en plus dans un monde qui était nouveau pour moi : la foi. Et je commencais à decouvrir la bible, la prière, la grande aventure.
Le mois est vite passé, et s’est transformé en deux, trois...finalement je suis restée 5 mois au monastère. J’ai passé Noel dans la petite chapelle refaite et splendide, j’ai écoute les chants des soeurs et j’ai goûté le bon chocolat chaud qui suivait.
Je voyait les gens qui venaient, qui partaient et aussi les temps où il n’y avait presque personne. Je sentais la chaleur du septembre et le froid du novembre.
Et ce qui est encore beaucoup plus important : La présence de Dieu dans tout cela.
C’est pourquoi j’avais démander à la Prieure si je pouvais faire un stage au monastère, on dit « dedans », où vivent les moniales.
Pour savoir si je pourrais imaginer une telle vie.
La maîtresse des novices avait arrangé tout comme un vrai déménagement. J’aurais une cellule en clotûre, je prendrais toute mes choses et je resterais dedans pour huit jours.
Pendant ces jours, j’avais la possibilité de plonger encore plus profond dans la foi, dans la recherche de Dieu qu’avant.
Les Soeurs m’ont beaucoup renconfortées. Même s’il y a beaucoup de silence, on ne parle pas beaucoup sauf dans les récréations, je le sentais.
Ce n’est pas un silence lourd et incommode, c’est un silence doux, naturel, légère, plein de vie. C’est dans le silence qu’on rencontre Dieu.
En fait, j’étais plus occupée en clotûre qu’à l’hôtellerie. Les Soeurs ont une journée pleine d’activité, du travail et de prière. Mais la facon de le faire, le silence, c’est différent que dehors.
Pour moi, c’était le voyage, l’aventure incroyable que j’avais senti au coeur 5 mois avant en Allemagne. Je ne savais pas où ca va me mener, et je n’aurais jamais imaginer de trouver le trésor le plus précieux dans un monastère.

C, 23 ans

 
       
         

Illustrations de l'auteur de l'article