Sœur Marie Elisabeth, la communauté
te fête le 9 Novembre.
Pourquoi ce jour-là ?
Le 9 novembre est le jour de fête
de la Dédicace de la basilique du Latran…drôle de sainte
patronne me diras-tu ! Mais cette fête en cache une autre pour moi
:
la naissance au ciel de la Bse Elisabeth de la Trinité, une sainte
du Carmel du début du XXe.
Il y a une profonde unité dans cette coïncidence de dates :
en fêtant la dédicace d’une Eglise, la liturgie rappelle toujours que le vrai Temple où Dieu désire faire sa demeure c’est le cœur de l’homme ; or c’est toute la spiritualité d’Elisabeth de la Trinité qui a été saisie par ce mystère de Présence en elle des « Trois » comme elle aimait le dire.
Elisabeth signifie « maison de Dieu » : est-ce que ce n’est pas cela que nous devenons par le Baptême ? C’est ce que j’ai pressenti dans la prière lorsque j’étais étudiante ; en lisant un livre de Jean Lafrance « Apprendre à prier avec Elisabeth de la Trinité », j’ai pu trouver en elle une grande sœur qui mettait des mots sur ce que je vivais dans la prière. Elle me confirmait dans mes attraits et me traçait la route en quelque sorte.
C’est avec elle que j’ai compris l’appel que le Seigneur m’adressait dans le sens d’une vie d’intimité profonde avec Lui. Et c’est pourquoi en recevant l’habit religieux, j’ai voulu prendre le nom d‘Elisabeth (maison de Dieu), qui n’est pas mon nom de baptême…
Comment expliques-tu qu’influencée
par la Bse Elisabeth de la Trinité, tu sois devenue moniale dominicaine
?
Je n’ai pas d’explication…
Lorsque j’ai compris mon
appel à la vie contemplative à l’issue d’une
retraite de choix de vie, je n’avais aucune idée de la suite
des événements… J’ai frappé à
la porte d’un carmel en effet pour rencontrer la maîtresse
des novices, mais après un entretien d’une heure je savais
intuitivement que ce n’était pas là !
Je connaissais un peu le monastère
des dominicaines à Lourdes pour y avoir fait un bref séjour
avec un groupe, et je m’étais sentie comme « chez moi
». C’est donc naturellement que je m’y suis présentée
en poursuivant ma recherche. Je ne connaissais ni saint Dominique ni les
dominicains, et pour tout dire la Famille Spirituelle qui m’avait
fait grandir chrétiennement était la Famille Marianiste
à qui je dois beaucoup.
Mais j’ai aimé en
saint Dominique son humilité avec ses frères, sa simplicité
et sa joie et bien sûr l’intensité de sa prière
et de sa compassion vécues avec ses « entrailles »
: cela même qui le faisait prier et pleurer toutes les nuits, comme
écartelé entre son Dieu défiguré par le péché des hommes et tous ceux qui ne Le connaissaient pas.