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Octobre

mois du Rosaire

22 octobre

 

 

29 ème dimanche
du temps ordinaire (A)

 

Controverse avec Pharisiens et Hérodiens
Mt 22,15-21



Jésus affronte des représentants des principaux courants religieux: les Hérodiens — partisans du roi Hérode —, des membres du parti des Pharisiens et de celui des Sadducéens. Les Sadducéens, parti aristocratique issu généralement de la caste sacerdotale, étaient souvent opportunistes, cherchant avant tout à sauvegarder la nation. Les Pharisiens, majoritaires, étaient recrutés parmi les docteurs de la Loi et les scribes; ils s'occupaient de la pratique stricte des prescriptions de la Loi et ne se mêlaient pas de politique. L'évangile de ce jour nous présente l'affrontement avec les Pharisiens et les Hérodiens.

15 Alors, allant, les Pharisiens tinrent conseil afin de le prendre au piège en parole. 16 Et ils lui envoient leurs disciples avec les Hérodiens, disant: Maître, nous savons que tu es vrai et enseignes le chemin de Dieu en vérité, et que tu ne te soucies de personne. En effet tu ne regardes pas à la personne des hommes. 17 Dis-nous donc ce qu'il te semble: Est-il permis de donner un impôt à César ou non? 18 Connaissant leur méchanceté, Jésus dit: Pourquoi me tentez-vous, hypocrites? 19 Montrez-moi la monnaie de l'impôt. Ils lui présentèrent un denier. 20 Et il leur dit: De qui cette image et l'inscription? 21 Ils lui disent: De César. Alors il leur dit: Rendez donc les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu. 22 Et l'entendant, ils s'étonnèrent et le laissant, ils s'éloignèrent.

Les grands prêtres et les Pharisiens ont cherché à se saisir de Jésus (22, 46), après avoir entendu la parabole des vignerons homicides. Après la double parabole des noces royales, les Pharisiens s'en vont et tiennent conseil pour le prendre au piège par ses paroles.

Ils envoient leur disciples accompagnés d'Hérodiens, préférant rester en retrait après la leçon magistrale qu'ils viennent de recevoir. Les premiers sont partisans d'une pratique rigoureuse de la Loi et des traditions des Anciens; ils s'accommodaient du pouvoir romain dans la mesure où il respectait leur liberté religieuse. Les Hérodiens, par contre, étaient favorables à l'occupant.

Avant de poser leur question, ils flattent Jésus. Ils savent qu'il est vrai: sa parole et ses actes sont ajustés les uns aux autres. Et dans son enseignement, il indique comment marcher dans la voie des commandements de Dieu en vérité: il ne se laisse pas influencer par le souci de plaire à qui que ce soit. Sa parole ne dépend pas de ses interlocuteurs. Sous-entendu: tu diras ce que tu penses conforme à la Loi de Dieu, sans craindre de déplaire soit aux Pharisiens, soit aux Hérodiens. Ils posent alors leur question qui, à leur yeux, ne peut justement que coincer Jésus entre les uns et les autres: Est-il permis de payer l'impôt à César ou non? Cet impôt était le tribut que les provinces conquises devaient payer à l'Empereur. Donc, si Jésus répond: oui, les Pharisiens le prendront à parti, car ce serait reconnaître l'autorité romaine et s'y résigner; s'il répond: non, ce seront les Hérodiens qui le dénonceront à Hérode.

Jésus perçoit le piège contenu dans cette perspective du permis et du défendu. Il connaît les cœurs de ses interlocuteurs, et il sait qu'ils sont mauvais. Il répond donc en les traitant d'hypocrites (6, 2.5.16; 15, 7), et pose à son tour une question: apportez la pièce qui sert à payer l'impôt. Ils apportent un denier — tribut que les provinces romaines devaient payer à Rome —et sont pris à leur propre piège car, utiliser la monnaie romaine, c'est reconnaître le pouvoir de l'empereur. Il demande donc: De qui est l'image et l'inscription? Ils répondent: De César. Jésus réplique en évitant le piège: cette monnaie est donc à l'Etat, il faut la lui rendre. Il reconnaît l'autorité de l'empereur, mais renvoie ses interlocuteurs à leur liberté concernant la juste attitude à avoir avec l'occupant. Il ajoute: «Les choses de Dieu à Dieu». Quelles sont ces choses de Dieu? Tout d'abord, il y faut remarquer qu'il y a un article à Dieu; Jésus parle donc de son Père. Reconnaître autorité du pouvoir romain n'empêche pas de reconnaître son autorité. Celle-ci s'exerce sur les cœurs et passe par l'accueil de Jésus. Jésus renvoie ses adversaires à leur liberté devant Dieu.
Tous s'étonnent et ne sachant que répondre, s'en vont.



20 octobre

Près de la croix de Jésus
se tenait sa Mère

par Fr.-L. Chardon, o.p. (suite)


Conformité des douleurs de Marie avec celles de Jésus.

Si Marie reste debout au pied de la croix, c'est afin que ses douleurs aient une parfaite conformité avec celles de son fils. Les peines qu'elle endure dominent tellement toutes ses puissances qu'il lui est impossible d'y donner accès aux pensées qui pourraient la consoler. Comme les douleurs de son cher fils sont sans adoucissement, aussi celles de Marie sont-elles, dans une certaine mesure, sans mélange. Elle ne jouit même pas du bénéfice qu'apportent les douleurs lorsqu'elles sont excessives; elles assoupissent alors la sensation et atténuent ainsi l'acuité de la souffrance. Tout est plein d'énergie et de vie intense en cette auguste Mère. De même que sa contemplation, bien qu'elle fût extatique, ne diminuait pas l'attention qu'elle apportait à l'action, ainsi l'excès de sa douleur ne la fait pas s'affaisser ou faiblir sur le Calvaire. Elle n'éprouve ni les impressions, ni les défaillances auxquelles sont exposés ceux qui sont accablés sous le poids de quelque affliction extrême. Elle se possède avec plénitude, ses facultés sont attentives, ses pieds fermes, son esprit calme, son cœur entier. Elle est debout; Stabat, dit l'Evangéliste. Elle persiste dans cette attitude pendant plus de trois heures. Considérez que c'est une Mère, et la Mère d'un tel fils, qui souffre ainsi. Ah! je cherche Marie et je ne trouve que des plaies et des douleurs! Je demande où est la Mère de Dieu, et je ne rencontre que des clous, des épines et des opprobres! On dirait que, par une admirable transformation d'amour, de compassion, elle est toute changée en son fils Jésus crucifié.


Marie souffre au pied de la Croix, sans aucun soulagement.

Abraham reçut de Dieu l'ordre d'immoler son fils. Marie n'avait ni moins de foi, ni moins d'amour que ce fidèle patriarche; et elle eût sacrifié son fils, si Dieu lui eut fait le même commandement. La vertu du Très-Haut, c'est-à-dire du Père vivant, qu'elle avait reçue par une admirable participation pour produire son Fils sur la terre, lui avait été également donnée, et pour tenir visiblement la place de ce même Père qui, d'une façon invisible, livrait son Fils à la mort, et aussi pour témoigner une constance généreuse, digne de l'énergie de son amour, Stabat, dit saint Jean. Il ne dit pas qu'elle pleure; les larmes sont indignes de la première personne de la divinité qu'elle représente. Son cœur, certainement, eût reçu quelque soulagement en s'épanchant dans les larmes; elle conforme sa volonté à celle du Père divin. L'amour de complaisance qu'elle a pour lui obéir est plus puissant que l'amour de compassion qu'elle ressent pour les souffrances de son Fils. Comme sa grâce, sa maternité, son amour, ses douleurs sont d'un ordre divin; aussi, sa patience, sa résignation et sa force doivent-elles entrer dans l'ordre de sa maternité divine.
Ame fidèle, perdez-vous dans cet abîme des souffrances de Marie; admirez les vertus qu'elle y pratique; pensez que, quelles que soient vos peines, Dieu vous viendra en aide pour que vous puissiez les supporter comme il le désire. Si la récompense de votre fidélité dépasse vos mérites, la tribulation qui en sera l'épreuve ne sera pas au-dessus de vos forces. Tenez-vous toujours du côté de Dieu. Représentez visiblement l'immensité de son éternité par votre constance; c'est ainsi qu'à l'imitation de Marie, au pied de la croix, vous serez parfaite comme votre Père céleste est parfait.


Jésus et Marie sont en esprit mutuellement crucifiés.

Jésus est crucifié doublement: sur le bois et dans le cœur de Marie. Le contrecoup de ses propres douleurs en elle, l'afflige plus sensiblement, lorsqu'il la voit devant lui, que toutes les douleurs qu'on inflige à son corps. Comme sa divine Mère est crucifiée en lui d'une façon admirable, il est mutuellement crucifié en elle d'une manière non moins surprenante; aussi, l'attitude de Marie, sur le Calvaire, est-elle comparée à la palme, symbole qui représente la croix de Jésus; la palme, en effet, ne cède pas au poids; de même, cette très auguste Vierge Mère, ne se laisse pas abattre par la douleur. Rien n'est violent dans son extérieur: la modestie de son maintien et la gravité de son visage reflètent parfaitement la douceur de son cœur et la constance de son esprit. Plus elle est oppressée par l'affliction, plus elle s'élève par la ferveur de sa charité. Elle qui avait réglé toute sa vie sur le modèle accompli de celle de son Jésus, n'a garde de manquer à cette conformité dans ce moment le plus important et le plus solennel de la vie de tous les deux.
Ame fidèle, on ne sait comment vous rendre sage, la prospérité vous rend hautaine; vous devenez irritée dans l'adversité. La croix vous abat et la consolation vous fait oublier votre néant. A quelle école irez-vous donc prendre ces leçons de modestie intérieure et extérieure, si vous ne profitez pas des exemples de Jésus et de Marie sur le Calvaire?


Marie sur le Calvaire préfère le salut du pécheur à la vie de son Fils.

II fallait sans doute une abnégation d'esprit bien profonde, dans l'âme de Marie, pour qu'elle consentît à se séparer de ce cher Fils et à le donner en sacrifice pour la rédemption des hommes. Oui, la vie de Jésus ne lui a pas été aussi chère que notre propre salut. Qu'il meure, disait-elle, et que le pécheur vive! En ce sens, nous pouvons affirmer qu'elle nous a aimés plus que son propre Fils, quoique, absolument, elle l'ait toujours mieux aimé que nous; cependant, elle a prouvé qu'elle ne pouvait rien faire de plus grand que ce qu'elle a fait en notre faveur, quand même son amour pour nous eût été plus fort que celui qu'elle était obligée de témoigner à son fils. Les mérites de ce fils surpassent la charité de sa mère; il n'en est pas de même à notre égard, car nos mérites sont incomparablement moindres que l'amour de Marie pour nous. Elle aime son fils moins qu'il ne mérite d'être aimé, et elle nous affectionne au-delà de ce que nous pouvons jamais mériter.
Ame fidèle, si vous vous devez à Jésus qui vous a acquise en vous achetant à un si haut prix, vous êtes certainement obligée, par les douces rigueurs de cette loi, d'appartenir à sa Mère, et vous n'êtes plus à vous. N'a-t-elle pas donné, en la personne de son fils, le même prix pour vous acquérir? Et, en plus, elle s'est donnée elle-même! Mon Dieu! quelles ardeurs d'amour de votre côté, et que de froideur, que d'infidélité de notre part.


De l'amour de Marie pour nous, au pied de la Croix.

Marie était prête à mourir avec son cher fils sur la croix et à contribuer, pour sa part, par le don de sa vie et l'épuisement de son sang, au couronnement de l'affaire de notre salut, s'il eût plu à Dieu de l'ordonner; c'est pourquoi elle se tient debout, sur le Calvaire: Stabat. Mais Jésus n'avait pas besoin d'assistance, pour la rédemption des hommes; il veut être l'unique hostie offerte en sacrifice sur la croix pour les péchés du monde. Mon Dieu! quelle distance entre la figure et la réalité! Abraham descend avec son fils Isaac plein de vie; mais, à votre commandement, il égorge, à la place de son fils, un bélier arrêté dans un buisson. Marie, au contraire, revient du Calvaire après avoir vu mourir son Jésus. Hélas! et Dieu veut qu'au lieu de ce cher fils, le pécheur vive et, en plus, qu'il soit reconnu pour le fils de Marie. O quelle triste permutation! quel échange douloureux!
Ame fidèle, voyez quel cas le Père, le Fils et la Mère font de vous. Voyez combien vous êtes obligée de vous rendre parfaite afin d'occuper auprès de la sainte Vierge la place de Jésus, et de suppléer, par votre personne, à la perte qu'elle fait de son Fils unique.


Marie crucifiée en Jésus et dans le pécheur.

Ainsi que nous avons considéré Jésus, crucifié deux fois sur le Calvaire: une fois sur le bois et l'autre fois en sa digne Mère; de même nous pouvons penser à deux autres croix qui crucifient cette même Mère d'une façon diverse, mais également douloureuse: Jésus et le pécheur sont ces croix. Quoique son crucifiement avec son fils lui soit extrêmement douloureux, elle y rencontre la gloire de Dieu, l'accomplissement de sa volonté sainte, la satisfaction pour les péchés des hommes, leur réconciliation avec Dieu, un culte souverain d'adoration, le Dieu infiniment bon, aimé et servi comme il le mérite. Dans le crucifiement avec le pécheur elle ne trouve, de tous côtés, que des causes d'une tristesse d'autant plus vive que les souffrances de son fils en sa Passion et en sa mort n'étaient, si je puis dire ainsi, que des maux de peine qui ne font pas un être haïssable tandis que le mal du péché est un mal de coulpe qui rend le péché odieux comme l'enfer. Si donc la douleur provient d'un mal présent, que l'on ne peut pas éviter, nous pouvons dire que les crimes du pécheur ont fait, dans l'âme de Marie, des impressions bien plus profondes que les tourments les plus affreux que son fils a endurés dans la chair qu'elle lui avait donnée. Et, en effet, elle aimait Dieu si parfaitement qu'elle eût livré mille fois Jésus à ces mêmes tourments, plutôt que de souffrir que l'on commît le moindre des péchés véniels. O cruels! ôbarbares! ô bourreaux que nous sommes d'une si digne Mère!


Des rigueurs de Jésus pour sa Mère au pied de la Croix.

Jésus a voulu que sa très auguste Mère souffrit comme lui, par proportion. Comme Jésus avait été délaissé par son Père sur la croix, Marie est aussi abandonnée par son fils. Dans l'affliction où elle se trouve, il lui refuse le nom de mère, ce nom qui eût suffi, à lui seul, à consoler ses tristesses. De même qu'il avait appelé son Père, non pas de ce nom, mais de celui de Dieu et de juge. On croirait l'entendre dire: «Mon Père ne me traite pas avec la tendresse de son amour et moi, je ne vous donne pas à l'un et à l'autre les témoignages de l'amour d'un fils chéri, c'est pourquoi je vous appelle femme et non pas mère, et que je ne l'appelle pas mon Père mais mon Dieu et mon Juge. Il me cache sa qualité de Père par la rigueur de sa justice, non pour mes péchés, mais à cause des crimes du monde; de même, je tais que je suis votre fils afin que vos souffrances aient une ressemblance avec mes délaissements et que comme rien n'atteste extérieurement que je suis le Fils unique de Dieu, rien ne décèle que vous êtes la mère d'un Fils d'une si haute naissance.»
Ame fidèle, soyez confuse si vous n'êtes plus ce que vous étiez autrefois, ou si vous n'êtes pas meilleure, ou si vous tirez vanité d'être plus fervente ou plus consolée. Voyez comment le Père traite son Fils et comment le fils agit envers sa Mère, les deux plus augustes personnes de l'univers.


Jésus nomme Marie, femme, parce qu'il épouse l'Église en sa personne.

Jésus ne veut pas montrer, sur le Calvaire, qu'il est le fils de Marie, parce qu'il désire qu'elle représente l'Église qu'il épouse en elle sur la croix. Je dis en elle, car bien qu'il soit mû à cette union sainte par l'amour de tous les hommes, il y est surtout incliné par l'amour de Marie. Et, en effet, combien elle dépasse par son mérite tous les autres membres de l'Église! aussi est-elle établie Mère des fidèles, et nous avons commencé à lui appartenir comme ses enfants lorsque le sacré Sauveur lui dit, en lui montrant saint Jean: Femme, voilà ton Fils; et dit à saint Jean: Voilà ta Mère, en la lui donnant. Riche conquête pour l'homme et triste héritage pour Marie, car la perte qu'elle fait n'a pas une compensation qui l'égale. En perdant son Fils, elle perd tout, tandis qu'en elle, nous, nous retrouvons toutes sortes de biens avec saint Jean. O chères richesses! ô trésor sans prix! ô sort incomparable! ô partage trop heureux que celui de recevoir Marie pour Mère!
Âme fidèle, quand donc commencerez-vous à devenir une enfant digne d'elle par votre fidélité à des promesses réitérées si souvent de la servir généreusement? Si vos protestations sont véritables, cessez de la crucifier en son fils par la peine que lui causent votre lâcheté et la froideur de votre dévotion.



19 octobre

Près de la croix de Jésus
se tenait sa Mère

par Fr.-L. Chardon, o.p.

Le dominicain Louis Chardon a vécu au XVIIe siècle. C'est un grant auteur spirituel, oublié aujourd'hui en France tout au moins. Son principal ouvrage « La Croix de Jésus » connut un grand succès. Le texte ci-dessous est extrait de ce livre.

Marie, debout au pied de la croix, nous rend participants des mérites de cette croix.

C'est par un dessein particulier de la divine Providence que Marie assiste à la mort de son Fils. Dieu a voulu que, puisque par elle nous avions reçu dans sa naissance les riches trésors cachés en sa Divinité, nous ressentions aussi, par son entremise, les fruits avantageux de sa mort; de sorte que, si dans la crèche elle nous a donné part aux joies de sa venue, elle est au pied de la croix pour nous communiquer les douleurs de son départ. A quoi eût servi que cette auguste Mère nous eût apporté la vie, si elle ne nous eût enseigné le moyen d'y participer, à la mort de cette même source de vie? Elle est debout, vis-à-vis de la croix, nous dit l'Evangéliste, c'est afin d'être plus attentive à tout ce qui se passe de solennel et de vertueux en la personne de son fils, plus à même de ressentir ses souffrances, et plus disposée à imiter les pratiques de son cœur. Et, en effet, si un miroir n'est pas bien fixé, bien net et bien poli, il ne reflète son objet qu'avec confusion.
Ame fidèle, vous perdez donc votre temps si, pour méditer la Passion sacrée de Jésus et pour en retirer les biens, les fruits, les sentiments affectueux et douloureux, comme saint Paul le désire et la divine Mère l'enseigne par son exemple, vous ne commencez pas par procurer à votre esprit et à votre corps une douce tranquillité et une pureté entière. Et, s'il est vrai de dire que celui-là ne connaît pas Dieu, qui n'a pas admiré les perfections de Marie, sur la terre, il est vrai aussi que nous n'avons pas encore pénétré dans l'excès des souffrances de Jésus, si nous n'avons pas considéré les douleurs excessives du cœur de cette même Mère.

Marie plus affligée qu'aucune créature.

Jamais créature ne fut aimée de Jésus aussi parfaitement que celle qu'il a choisie de toute éternité pour être sa mère; aussi n'y eut-il jamais personne dont le cœur ait été plus affligé que le sien. Comme elle forme un ordre tout particulier dans la grâce, dans l'amour divin et dans les autres faveurs surnaturelles, de telle sorte qu'elle surpasse tous les saints d'une manière incomparable, son martyre, sur le Calvaire, est au-dessus de ce que tous les hommes ont enduré de souffrances morales par les épreuves de toutes sortes. La proportion que nous nous représentons pour expliquer l'éminence de la grâce de Jésus au-dessus de celle de Marie, et de celle-ci au-dessus des autres créatures qui en sont capables, est en quelque sorte la mesure dont nous pouvons nous servir pour comprendre combien les douleurs de Jésus ont surpassé celles de sa mère, et combien les afflictions de cette auguste Mère ont été supérieures aux peines de ceux qui ont été les plus éprouvés.
C'est assez dire qu'elle a reçu dans son âme le contrecoup de toutes les plaies de son Fils souffrant, mourant et mort! Les saints n'ont reçu que comme de lointaines et légères aspersions du sang répandu du Sauveur. C'est seulement sur le cœur de Marie que les douleurs du Rédempteur se sont déversées à plein courant et comme des torrents impétueux.
Ame fidèle, ne l'appelez plus en ce moment toute belle; son âme est remplie de trop d'amertumes, son esprit est pénétré de trop de douleurs, et son amour est tourmenté de trop de détresses en la personne de son Fils unique qui est aussi son Dieu.


Marie souffre, sur le Calvaire, comme mère.

Ce qui a rendu l'affliction de la Mère de Dieu, sur le Calvaire, extrême au-delà de toute expression, c'est que Jésus Christ était son fils unique. Sa douleur était d'autant plus grande que son désir de lui être substituée sur la croix était plus vif; car elle aimait d'une façon tout autrement généreuse que les autres mères. Le Saint-Esprit qui l'avait honorée d'une fécondité divine lui avait donné un amour également divin, afin qu'elle aimât comme son fils, sur la terre, Celui qui était dans le ciel le Fils unique du sein du Père céleste. Hélas! elle est contrainte de le voir mourir au milieu de tortures épouvantables comme sont celles de la croix, de le voir souffrir pendant trois longues heures dans la chair qu'il a prise en son chaste sein, sans qu'elle ait le pouvoir de le soulager. Si elle ne meurt pas crucifiée avec lui, cela ne diminue pas la rigueur de sa douleur; elle n'eût été que trop heureuse si son corps eût été déchiré en morceaux, tandis que celui de son Fils eût été épargné. Comme la chair de Jésus lui était plus précieuse que la sienne, elle souffrait, davantage par les clous de son amour qui l'attachaient à la croix, que si elle y eût été réellement clouée par des clous de fer.
Ame fidèle, que vous seriez heureuse si vous étiez crucifiée au cœur de Marie comme elle est crucifiée en la chair de Jésus! Cependant, que votre vif tourment soit celui-ci: qu'ayant été coupable de la mort du fils et du martyre de la mère, vous ayez tant de peine à mourir avec le fils et à compatir avec la mère. Imitez les saints: à mesure que leur amour grandit, à mesure qu'il s'embrase en contemplant Celui que le divin Rédempteur leur témoigne sur la croix, et plus ils éprouvent de compassion pour lui et de désir de ressentir ses souffrances, et plus ils ressentent de haine pour eux-mêmes, d'ardeur à faire pénitence.


Marie perd Jésus sur la croix.

Le cœur de Marie ne connaît pas de partage; Jésus est son fils unique, et toutes les richesses de son amour sont pour lui. Elle n'a pas d'autre joie, ni d'autre gloire que lui; il est l'objet de sa tendresse, de sorte que, la voyant le perdre dans des circonstances si douloureuses, nous pouvons dire que toutes les pertes que l'on fait ici-bas ne sont rien, en comparaison de celle que fait cette très auguste Mère; car toujours il y a ou une consolation intérieure ou un soulagement extérieur. Tout ce qu'on peut imaginer de plus grand sur la terre n'est que fumier, en regard de Jésus Christ, d'après le jugement de saint Paul. Marie le perd et, cependant, elle n'en conserve pas moins une constance magnanime d'esprit et de corps: La mère de Jésus se tenait debout. Elle était debout et vis-à-vis de la croix. Elle n'en était ni trop rapprochée, ni trop éloignée, mais à une distance qui lui permettait de remarquer toutes les particularités des tourments de son fils, de contempler les dispositions de son cœur qu'elle devinait dans ses yeux, sur son visage et jusque dans le ton de ses divines paroles.
Ame fidèle, après cela, quelle raison pouvez-vous avoir d'être si lâche, si découragée devant les privations spirituelles et temporelles que la bonne Providence permet, afin de gagner votre cœur à son amour? C'est quelquefois par des choses si légères, je devrais dire si imaginaires, que vous vous laissez abattre, que vraiment on ne croirait pas que vous appartenez comme disciple au fils et à la Mère!


Que l'excès de la douleur de Marie, au pied de la croix, est causée par son amour.

Ne vous semble-t-il pas voir la réalité du signe prodigieux qu'aperçut saint Jean dans l'île de Pathmos, lorsque vous considérez l'état de la divine Mère, au pied de la croix de son fils et les vertus qu'elle y pratique, qui sont une couronne incomparablement plus brillante que celle qui était formée des étoiles du firmament. Le soleil dont elle est revêtue, c'est l'éclat de l'extrême amour qu'elle ressent pour son fils; elle lui est unie d'une façon si intime qu'elle reçoit elle-même toutes les impressions de tristesse et toutes les douleurs qu'endure celui qu'elle affectionne plus que sa vie. Jugez, par l'ébranlement général que la mort de Jésus produit dans toute la nature, celui que la grâce opère dans les âmes qu'elle possède, et ce que dût faire dans le cœur de Marie l'amour immense qu'une grâce spéciale y avait créé. Le fils, sur la croix, et la mère, à ses pieds, sont deux miroirs opposés dont l'un renferme ce que l'autre reproduit. Que font ces deux cœurs rapprochés dans un même sentiment si ce n'est d'accroître, par un voisinage cruel et doux à la fois, leurs mutuelles douleurs. On dirait qu'en se renvoyant leur amour, par une réflexion réciproque, ils en augmentent l'ardeur.
Ame fidèle, si vous venez vous placer ici entre Jésus et Marie, il vous sera impossible de ne point participer de l'ardeur de leur charité, à moins que vous n'ayez un cœur plus dur que la pierre.


Marie, sur le Calvaire, pénètre dans toute la profondeur des douleurs de son Fils.

La connaissance parfaite que possède la divine Marie de la gloire de son fils, et dans laquelle elle surpasse les Chérubins et les Séraphins, la fait pénétrer plus avant dans la profondeur des douleurs de ce même fils bien-aimé. Elle a mieux compris qu'aucune créature comment se sont unies ces deux extrémités des choses dont parle saint Paul: à savoir, comment celui qui est Dieu s'est anéanti dans une nature humaine pour se rendre capable d'obéir et de mourir en obéissant sur une croix. Elle le contemplait, engendré dans les splendeurs éternelles de la divinité, et elle le voyait anéanti dans son humanité au milieu d'horreurs épouvantables, Elle l'adorait entre deux personnes incréées, comme produit de l'une, et produisant l'autre; et en même temps, elle le voyait entre deux voleurs, souffrant, quoique innocent, le même supplice que leurs crimes infâmes avaient encouru. Les merveilles qu'elle admire en haut lui rendent plus poignantes les douleurs qu'elle regarde en bas, et l'on croirait que les grâces qu'elle a reçues au-dessus de toutes les créatures, conspirent à augmenter ses souffrances, afin d'en faire la plus désolée de toutes les créatures.
Ame fidèle, vous ne comprendrez jamais bien le mystère de l'amour de Jésus, tant en sa Passion qu'en sa mort, si vous ignorez les merveilles de sa nature divine. Et, lorsque vous aurez pénétré dans la profondeur de sa grandeur et de son abaissement, vous aurez tort de vous plaindre, si vous venez à réfléchir, aumilieu des souffrances les plus aiguës, que vous n'êtes, certes, ni la Mère, ni le Fils unique de Dieu, et que, cependant, leurs tortures ont dépassé tout ce qu'on peut imaginer.

(A suivre)

17 octobre

 

Prier le Rosaire avec N.D. du Rosaire
Mystères douloureux


L’Agonie

Jésus priait plus instamment, et sa sueur devint comme des gouttes de sang, qui tombaient sur la terre (Lc 22,44).

Les larmes de Marie et le sang de Jésus sont une double effusion d'un même cœur et l'on peut dire que la compassion de la sainte Vierge était la passion sous sa forme la plus terrible (Léon Bloy).

Que la Vierge Marie pose son regard maternel sur tous ceux qui ne trouvent pas ou ne trouvent plus leur place dans la société et qui sont tentés par le suicide, particulièrement les jeunes.

 

La Flagellation

Après avoir fait flageller Jésus, Pilate le remit aux soldats pour être crucifié (Mt 27,26).

La douleur de la sainte Vierge a été si grande que si elle était divisée et partagée entre toutes les créatures capables de souffrir, celles-ci périraient à l'instant (Bernardin de Sienne).

Que la Vierge Marie soit aux côtés de ceux qui sont torturés, bafoués, dont les droits sont méprisés.

 

Le Couronnement d’épines

Ils tressèrent une couronne avec des épines, qu'ils posèrent sur sa tête (Mt 27,29).

La mère et le fils partagent un même torrent d'amertume. Si on perce sa tête d'épines, Marie est déchirée de toutes les pointes. Qui fait cela, sinon son amour? et ne peut-elle pas dire dans ce triste état, en un autre sens que saint Augustin: Mon amour est mon poids? (Bossuet)

Que la Vierge Marie prenne dans sa tendresse toutes les mères qui souffrent pour leur enfant.

 

Le Portement de croix

Jésus, portant sa croix, arriva hors de la ville au lieu nommé Calvaire (Jn 19,17).

Marie dit à son fils: Toutes choses te sont soumises puisque toutes tu les a faites. Pourquoi donc te hâter, mon Enfant? Ne cours pas ainsi au supplice! Ne te livre pas à la mort, mon fils et mon Dieu! (Romanos le Mélode)

Que la Vierge Marie prenne sous son manteau ceux qui sont persécutés et les soutienne pour qu'ils soient témoins de l'amour du Christ.

 

Le crucifiement et la mort de Jésus

Jésus ayant vu sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils (Jn 19,26).

Quiconque est consommé dans le Christ ne vit plus, mais en lui vit le Christ; et parce qu'en lui vit le Christ, de lui Jésus dit à Marie: Voici ton fils, le Christ (Origène).

Que la Vierge Marie entoure de sa tendresse ceux qui se sentent écrasés par le poids de la vie jusqu'à en désirer la fin; qu'ils puissent ressentir la proximité de l'amour de Dieu.

15 octobre


 

28 ème dimanche
du temps ordinaire (A)

Les noces royales Mt 22, 1-14



Jésus a la prescience de ce qui va lui arriver, il sait ce qui se trame: son procès est ouvert, qui doit aboutir à sa mort. A l'aide de trois paraboles, il cherche à mettre ses adversaires en face de la réalité qui se joue pour eux. Il porte un jugement sur l'attitude de l'autorité suprême de Jérusalem. Leur rejet du Messie entraînera leur propre rejet.

Introduction

Les grands prêtres et les Pharisiens n'ont rien dit, mais Jésus, qui connaît les pensées des cœurs, leur répond en deux paraboles imbriquées l'une dans l'autre; l'appel aux noces et le convive sans vêtement de noces. Le dernier verset de conclusion revient sur la première parabole.

L'appel aux noces

Le Royaume de Dieu est semblable à un roi: la parabole commence comme celle du débiteur impitoyable (18, 23). Mais le roi n'est plus occupé à régler ses comptes, il prépare le festin de noces de son fils. Nous retrouvons donc le fils, comme dans la parabole des vignerons homicides (21, 37-38). Cependant il n'est pas ici au cœur de la parabole; l'attention se porte sur les convives, appelés au repas.
Le roi, qui avait envoyé par deux fois des serviteurs aux vignerons, témoigne de la même patience pour ceux qui avaient déjà été appelés aux noces, c'est-à-dire au repas nuptial qui constituait l'essentiel des fêtes organisées à cette occasion. Le repas n'est pas encore préparé, et les invités sont appelés: ils ne daignent pas se déranger.
On perçoit les touches allégoriques de la parabole: le roi, c'est Dieu qui appelle son peuple au festin messianique; les serviteurs sont les prophètes; les appelés sont les membres de la communauté rassemblée par la Voix qui appelle.
D'autres serviteurs sont à nouveau envoyés. Qui sont-ils? La suite nous donnera une indication. Cette fois, le déjeuner —  et non le dîner, contrairement à l'usage — est prêt: sa description fait penser au festin messianique annoncé par le prophète Isaïe: «Le Seigneur Sabaoth fera à tous les peuples sur cette montagne un festin de viandes, […] de viandes grasses […]» (Is 25, 6). Le banquet apprêté était très important, comme le montre la quantité de bêtes sacrifiées. Ces serviteurs appellent aussi aux noces, mais les invités restent totalement indifférents au nouvel appel; ils partent à leurs affaires; qui à son champ, qui à son commerce. Et ceux qui restent «saisissent les serviteurs, les injurient et les tuèrent». Leur sort est identique à celui que les vignerons homicides ont réservé aux serviteurs du maître de maison (21, 35-36), ce qui nous renvoie à la finale du chapitre 23: «Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui ont été envoyés vers elle» (23, 37). Jérôme rassemble ce que la tradition rapportait à ce sujet: «Ils les battirent de verges comme Jérémie (Jr 27), les tuèrent comme Isaïe, les lapidèrent comme Naboth (3 R 21) et comme Zacharie, qu’ils immolèrent entre le temple et l’autel». Ces serviteurs sont donc bien les prophètes et tous ceux que Dieu a envoyés à Jérusalem pour l'appeler à la conversion; on peut sans doute y inclure les apôtres que Jésus a envoyés aux villes d'Israël (10, 11.23). Les dirigeants religieux et politiques de Jérusalem sont donc les premiers visés par la parabole.
Le roi applique alors la sentence prononcée par les sanhédites à l'encontre des vignerons homicides: il fait périr les meurtriers et incendie leur ville. La colère de Dieu est tombée sur eux et sur leur ville, Jérusalem.
Le roi envoie alors ses serviteurs, les apôtres cette fois, pour appeler tout le monde aux noces. Tous les peuples sont invités et la prophétie d'Isaïe trouve ainsi sa réalisation plénière. Jésus avait déjà annoncé l'entrée des païens dans le Royaume lors de la guérison du serviteur du centurion: «Beaucoup viendront du levant et du couchant et se coucheront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des cieux» (8, 11), mais les fils du Royaume seront jetés dehors. Jésus annonce donc pour la deuxième fois l'invitation des païens au festin messianique, après que les fils du Royaume aient fermé leurs oreilles à l'appel.
Tous, mauvais et bons, sont rassemblés, ce qui était déjà annoncé dans la parabole de l'ivraie (13, 24-30) et dans la parabole du filet (13, 47-50). Les païens sont plus ou moins disposés à faire les œuvres de justice, mais les pécheurs sont appelés (9, 13).


Le convive sans vêtement de noces

La seconde parabole sur les noces royales n'est pas la suite de la première. Le roi vient au festin pour un jugement à la fin des temps; ce n'est plus le festin messianique. Il s'étonne de voir à son festin un homme qui ne porte pas l'habit de noces et le lui reproche avec bonté en l'appelant «Ami»: il a été appelé à venir. Mais comment est-il entré sans l'habit de noce? Le convive ne dit mot, «muselé». Le roi le condamne alors au châtiment éternel où seront les grincements de dents, signe du dépit des réprouvés devant le bonheur des justes (Ps 35, 16; Jb 6, 9). Ce roi fait ce qui était annoncé dans la parabole de l'ivraie: il donne l'ordre de le jeter hors de son Royaume (13, 42).
Le roi n'est donc pas le Père, mais le Fils de l'homme, celui qui siègera sur un trône de gloire (19, 28); le roi qui exercera le jugement à la fin des temps (25, 31). Il vient donc au festin des noces eschatologiques pour un jugement, pour séparer les bons des mauvais. Les uns et les autres ont été appelés au festin messianique, comme le montrait la première parabole; mais seuls les justes, ceux qui ont vécu selon la Loi portée à son accomplissement, ceux qui ont opéré un retournement évangélique — c'est l'habit des noces —, peuvent participer au festin éternel.
Un seul homme, dans la parabole, ne porte pas l'habit des noces, mais il représente tous ceux qui sont dans le même cas, ceux qui n'ont pas accompli les œuvres de justice (25, 41-46).


Conclusion

Le dernier verset tire la conclusion des deux paraboles.
Beaucoup sont appelés, mauvais et bons, comme Jésus l'a dit plus haut (22, 10). Mais seuls ceux qui ont produit de bons fruits, qui ont sont entrés dans l'accomplissement de la Loi enseigné par Jésus, sont élus et ont part au festin eschatologique à la fin des temps. Pourquoi alors «peu» sont élus, puisque un seul de tous les convives est jeté dehors? Il est vrai que cet homme représente une catégorie de convives, mais Jésus ne dit rien sur le nombre des élus ou des réprouvés. ses propos sont destinés aux chefs du peuple à qui il s'adresse: ils iront à leur perte, bien qu'appelés, s'ils n'accueillent pas les exigences du Royaume des cieux qu'il leur propose.

14 octobre

 

Récollection de la Fraternité
Notre-Dame de la Résurrection
au monastère


Une fraternité Notre Dame de la Résurrection se réunit régulièrement au monastère. Pour lancer l'année sur le thème de l'Eglise, qui prépare un pèlerinage à Rome, elles ont demandé un enseignement sur l'Eglise. Pour le lire, cliquez ICI

11 octobre

 

Prier le Rosaire avec N.D. du Rosaire
Mystères lumineux


Le Baptême

En ces jours-là Jésus vint de Nazareth de Galilée et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain (Mc 1,9).

Jésus fit ses adieux à sa mère et à Joseph et il se dirigea de Nazareth vers Jérusalem, pour se rendre au Jourdain, où Jean baptisait. Le Maître du monde s'avance seul, car il n'avait pas encore de disciples. Jean l'ayant regardé, l'Esprit Saint le lui fit reconnaître (Saint Bonaventure).

Que la Vierge Marie se penche vers les personnes âgées abandonnées, vers les immigrés sans papiers, vers ceux pour la solitude est un poids.

 

Cana

La mère de Jésus dit aux serviteurs: Faites tout ce qu'il vous dira (Jn 2,5).

Les paroles de Marie sont la preuve la plus manifeste de sa bonté native et de sa virginale réserve… Quand elle fut reprise par son Fils, douce et humble de cœur, elle ne répliqua pas et cependant, sans se décourager, elle avertit les serviteurs de faire ce qu'il leur dirait (Saint Bernard).

Que la Vierge Marie aide les néophytes à rester ferme dans la prière, sans se décourager.

 

L’Annonce du Royaume et l'invitation à la conversion

Qui est ma mère et qui sont mes frères?… Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une soeur et une mère (Mt 12,48.50).

Comme si, adressant la parole à sa Mère et à ses frères venus pour le voir, Jésus leur disait: Je ne vous reconnais point au milieu de mes occupations spirituelles, et à cause de vous je ne dois pas abandonner ni même interrompre le ministère de la prédication que m'a confié mon Père (Ludolphe le Chartreux).

Que la Vierge Marie, Etoile de l'évangélisation, guide la mission de l'Eglise dans l'annonce du Christ au monde entier.

 

La Transfiguration

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l'écart sur une haute montagne et il se transfigura devant eux (Mt 17,1-2).

Tous ceux qui veulent contempler Dieu ne doivent pas s'arrêter dans les jouissances de la terre, mais aspirer aux choses d'en haut; il faut chercher Dieu, non dans les bas-fonds de ce siècle, mais dans le royaume de Dieu (Saint Rémi d'Auxerre).

Que la Vierge Marie soutienne ceux qui sont happés par la jouissance des biens de consommation, par le rendement et qui oublient le but vers lequel nous marchons.

 

L’Eucharistie

Prenez et mangez; ceci est mon corps, donné pour vous (Lc 22,19).

Ce corps du Christ que Marie a engendré et porté dans son sein, qu'elle a nourri de son lait, c'est ce même corps que nous recevons à l'autel (Saint Pierre Damien).

Que la Vierge Marie conduise vers l'unité tous ceux qui communient au corps du Christ.


8 octobre

 

27 ème dimanche
du temps ordinaire (A)

Mt 21, 33-43
les vignerons homicides

33 Entendez une autre parabole. Il était un homme maître de maison qui planta une vigne et mit autour d'elle une clôture, et y creusa un pressoir, et construisit une tour et la donna en fermage à des vignerons et partit en voyage. 34 Quand approcha le temps des fruits, il envoya ses serviteurs aux vignerons prendre ses fruits. 35 Et les vignerons, saisissant ses serviteurs, battirent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent l'autre. 36 De nouveau, il envoya d'autres serviteurs plus nombreux qui les premiers, et ils leur firent de même. 37 Plus tard, il envoya vers eux son fils, disant: Ils respecteront mon fils. 38 Les vignerons, voyant le fils, dirent en eux-mêmes: Celui-ci est l'héritier. Allons! Tuons-le et ayons son héritage. 39 Et, le prenant, ils [le] jetèrent hors de la vigne et [le] tuèrent. 40 Donc quand vient le Seigneur de la vigne, que fera-t-il à ces vignerons? 41 Ils lui disent: il fera périr méchamment ces méchants, et il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons qui lui remettrons les fruits en leur temps. 42 Jésus leur dit: N'avez-vous jamais lu dans les Ecritures: La pierre que les bâtisseurs avaient éliminée, celle-ci est devenue tête d'angle. Ceci arrive de chez le Seigneur et c'est admirable à nos yeux. 43 C'est pourquoi je vous dis que le Royaume de Dieu vous sera enlevé et il sera donné à une nation qui en fera les fruits.

 

Jésus s'adresse à nouveau aux grands prêtres et aux Pharisiens qui ont répondu, sans s'y attendre, à la question posée par Jésus. Il leur propose une autre parabole, toujours sur le thème de la vigne. Après les ouvriers embauchés, puis les fils du propriétaire, il met maintenant en scène les vignerons.

La vigne, c'est Israël, comme la citation d'Isaïe le montre clairement. Comme dans le chant de la vigne du prophète, le maître de maison (cf. 20, 1) entoure sa vigne d'une clôture, y creuse un pressoir — dans le roc — et construit une tour qui permet de surveiller la récolte. La citation est presque littérale, si ce n'est l'inversion du pressoir et de la tour (Is 5, 2). Mais cela n'a pas grande importance, car ces détails n'interviennent pas dans l'interprétation de la parabole.

Le maître de maison donne la vigne en fermage à des vignerons qui s'engagent à lui en remettre les fruits en temps voulu, puis il part en voyage. Quand le temps de la récolte arrive, il envoie des serviteurs recevoir les fruits de sa vigne, mais les vignerons leur font subir de mauvais traitements que Matthieu cite dans un ordre de gravité croissante: ils battent, ou tuent, ou lapident. D'autres serviteurs, envoyés à leur tour, subissent le même sort. Enfin le propre fils du propriétaire arrive, qui n'est pas épargné: comme il est l'héritier, les vignerons se saisissent de lui, le jettent hors de la vigne et le tuent, pensant s'approprier ainsi l'héritage, puisqu'il n'y a plus l'héritier qu'ils regardent comme un rival. Les fruits seront pour eux, leur domination sur la vigne ne sera contestée par personne. La parabole est allégorique. En effet, derrière ces divers personnages, on devine le Père, les autorités juives en charge du soin du peuple du Seigneur, les prophètes envoyés pendant plusieurs siècles, et enfin Jésus, le Fils, qui sera conduit hors de la ville et tué.
Mais les sanhédrites présents n'ont pas compris; aussi, quand Jésus leur demande comment le Seigneur de la vigne traitera les vignerons à son retour de voyage, ils répondent en bonne logique qu'ils recevront le châtiment mérité par leur méchanceté; le maître de maison les fera périr et confiera le fermage de la vigne à d'autres qui accepteront d'en remettre les fruits au propriétaire. Par leur réponse, à leur insu comme dans la parabole précédente, ils prononcent leur condamnation.

Jésus alors, complète son explication à l'aide de deux versets du psaume 118, psaume qui avait accompagné son entrée à Jérusalem. Il cite les versets 22 et 23 de ce psaume, explicitant ainsi, par le biais d'une image empruntée à la construction, ce qu'il vient de dire à propos de la vigne: l'héritier tué, c'est la pierre rejetée par les bâtisseurs; elle a été placée au sommet de l'angle et maintient les murs. Autrement dit: le Fils, que les sanhédrites veulent tuer, fera tenir l'édifice ancien. C'est le Seigneur qui accomplira cela… La résurrection apparaît en filigrane.

Jésus donne alors la clé de la parabole. Le Royaume de Dieu, c'est-à-dire la vigne d'Israël qui en constitue les prémices, sera transféré à d'autres. Cela est en consonance avec ce que Jésus a dit dès le début: les Juifs sont les fils du Royaume (8, 12). Mais ce Royaume sera enlevé aux autorités juives à qui le soin en avait été confié et sera donné à «une nation qui en portera les fruits», une «nation sainte» comme celle dont parle le livre de l'Exode (Ex 19, 6). C'est la communauté décrite aux chapitres 18 et 19, la communauté des petits, la communauté de ceux qui pardonnent, la communauté de ceux qui ont opéré un retournement évangélique.

7 octobre

 

Solennité du Rosaire
La contemplation des Mystères

Le cœur de notre prière, comme de toute notre vie, est notre lien à Jésus. Mais le Christ ne s’atteint que dans son Mystère : il est l’envoyé du Père qui vient accomplir son dessein de salut. Nous le touchons quand nous entrons dans son œuvre de salut, quand au pied de la croix nous recevons l’Esprit qui nous donne l’intelligence du Mystère, quand nous entrons nous-mêmes dans une relation filiale avec le Père. L’Écriture alors s’éclaire et, tous frères, nous sommes engagés dans la mission qui a été celle de Jésus : rassembler tous les hommes dans l’unité, les ramener au Père et ainsi glorifier le Père : la gloire du Père, c’est de voir venir à lui la foule de ses fils. N’est-ce pas là que se trouve le poids de son amour ? Cela, chaque eucharistie le réalise un peu plus en nous entraînant dans un mouvement d’ascension.
Chacun des actes de la vie de Jésus est tendu vers la passion et la résurrection, en reçoit un poids de vie, un poids de salut. Le cœur du Mystère, c’est bien la croix et la résurrection.
Les Pères de l’Eglise ont ainsi appelé « mystères » tous les actes de la vie du Christ, de son Incarnation à sa Pâque. Ceux-ci ont un sens caché qui se dévoile sous l’action de l’Esprit, comme lorsque Jésus expliquait les Écritures aux disciples d’Emmaüs. L’Esprit nous donne de saisir ce sens caché.
Tous les passages de l’évangile portent en effet la marque de la vie trinitaire, de l’Incarnation et de la Pâque, de l’humilité. Bref, ils portent tous la marque du Mystère ; ils sont tous un moment de la réalisation du dessein de Dieu et sont donc reliés à tout l’Ancien Testament.

Les évangiles comportent quatre temps : l’enfance de Jésus, la vie publique, la mort et la résurrection ; ce sont les quatre groupes de mystères que comporte le Rosaire. Chacun exprime l’amour : la charité du Père qui veut faire de nous des fils dans son Fils, et l’amour présent dans le cœur du Christ. Que désire le Christ d’ailleurs, sinon réaliser le dessein du Père, sa volonté ? Il est tendu vers sa Pâque, vers son passage vers le Père pour nous entraîner avec lui.
Le Christ est la Tête, nous sommes ses membres. Tout ce qu’il a vécu, nous l’avons donc vécu avec Lui : nous étions en Lui quand il a été tenté au désert par le diable, nous étions en Lui quand il est né à Bethléem, nous étions en lui quand il a été baptisé dans le Jourdain, et surtout nous étions en Lui dans sa Passion et sa mort sur la Croix, et aussi dans sa résurrection : là où est la Tête, là sont les membres. Mais nous avons à développer librement cette grâce, à la faire grandir. Le Rosaire contribue à cette croissance.
La contemplation des mystères nous fait donc entrer dans le dessein de Dieu, nous fait communier à l’amour qui le porte. N’oublions pas que la résurrection n’est pas un événement passé : c’est aujourd’hui que le Christ s’offre à son Père et il s’offre tout entier. Donc lorsque nous entrons dans cette offrande, nous sommes en lien avec toute la vie de Jésus, depuis son Incarnation jusqu’à son Ascension. Et nous sommes touchés, transformés par le contact avec toute sa vie. La foi devient alors sagesse : elle nous fait saisir de l’intérieur le dessein de Dieu réalisé dans les mystères, nous y fait trouver du goût, nous fait trouver notre joie à le repasser dans notre cœur, comme Marie. Saint Ignace demandait à Dieu « la connaissance intime du Seigneur afin de mieux l’aimer et le suivre ». C’est demander, avec l’Ecriture, « la foi [qui] opère par la charité » (Ga 5, 6).

4 octobre

 

Prier le Rosaire avec N.D. du Rosaire
Mystères joyeux


L’Annonciation

Voici la servante du Seigneur: qu'il me soit fait selon ta parole! (Lc 1,38)

Le Christ s'est fait homme par le moyen de la Vierge, afin que la désobéissance provoquée par le serpent prenne fin par la même voie où elle avait commencé (Saint Justin).

Que la Vierge Marie soit notre secours dans les tentations.

 

La Visitation

Heureuse celle qui a cru! Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur (Lc 1,45-47).

Elisabeth béatifie la foi de celle qui a cru… Mais la pieuse humilité de Marie ne permet pas qu'elle en retienne rien pour elle-même; elle les fait remonter à celui qui l'a comblée des bienfaits qu'on loue en elle (Saint Bernard).

Que la Vierge Marie convertisse notre suffisance en humble action de grâces pour tous les dons reçus.

 

La Nativité

Il vous est né aujourd'hui un Sauveur, qui est le Christ Seigneur (Lc 2,11).

Au lieu du fruit amer cueilli par Eve à l'arbre fatal, Marie a donné aux hommes un fruit plein de douceur. Et voici que le monde entier se délecte du fruit de Marie (Saint Ephrem).

Que la Vierge Marie console les affligés, soutienne les prisonniers, affermisse ceux qui doutent.

 

La Présentation de Jésus

Siméon dit à Marie: toi-même, un glaive transpercera ton âme (Lc 2,35).

C'est bien ton âme, ô bienheureuse Mère, que le glaive à transpercé! Comment aurait-il pu, sans la traverser, pénétrer dans la chair de votre Fils? (Saint Bernard)

Que la Vierge Marie vienne en aide à toutes les mères qui souffrent pour leurs enfants.

 

Le Recouvrement de Jésus au Temple

Les parents de Jésus ne comprirent pas ce qu'il leur disait (Lc 2,50).

On montre la sainte Vierge inabordable, il faudrait la montrer imitable, pratiquant les vertus cachées, dire qu'elle vivait de foi, comme nous, en donner des preuves tirées de l'évangile (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus).

Que la Vierge Marie aide les malades à tenir fermes dans la foi au milieu de leurs souffrances.

1er octobre

26ème dimanche
du temps ordinaire (A)

Mt 21, 28-32
La légitimité de la mission de Jésus
Mise en échec de ses adversaires


28 Que vous semble-t-il? Un homme avait deux enfants et s'approchant du premier, il dit: Enfant, va, aujourd'hui œuvrer dans la vigne. 29 Celui-ci répondant, dit: Je ne veux pas; plus tard, se repentant, il y alla. 30 S'approchant de l'autre, il dit de même. Mais celui-là, répondant, dit: Moi je veux, Seigneur, et il n'y alla pas. 31 Lequel des deux a fait la volonté du père? Ils disent: le premier. Jésus leur dit: Amen, je vous dis que les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu.
32 En effet Jean vint vers vous dans un chemin de justice, et vous n'avez pas cru en lui; mais vous, voyant, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire en lui.

Grands prêtres et Anciens ont interrogé Jésus sur son autorité; Jésus a répondu par une question sur l'autorité de Jean Baptiste, mais il ne reçoit pas de réponse. Il va les acculer à répondre par une parabole qu'il introduit en faisant appel à leur jugement: «Que vous semble-t-il?»: il attend d'eux de se prononcer sur ce qu'il va dire.

Jésus présente deux enfants du propriétaire d'une vigne, la vigne déjà rencontrée, où des ouvriers ont été envoyés pour la travailler. Maintenant ce sont les deux fils qui sont invités par leur père à y aller. Deux enfants, deux réponses: Non, mais oui après repentir; oui, mais non en réalité. Les deux réponses sont donc négatives: un non clairement affiché ou un non voilé. Mais le premier s'est repenti de son non. Qui a fait la volonté du père? Celui qui s'est repenti. Les grands prêtres et les Anciens ont compris et le disent. Mais en parlant ainsi, ils se sont condamnés eux-mêmes sans s'en rendre compte: leur réponse, dit Jésus, reconnaît la supériorité de l'attitude des publicains et des pécheurs. Dès maintenant ils sont entrés dans le Royaume de Dieu et les y précèdent.

En effet, si de nombreux Pharisiens et Sadducéens étaient allé recevoir le baptême de Jean (3, 7-9), les grands prêtres et les Anciens n'y étaient pas allés. Ils avaient donc répondu non à la volonté de Dieu qui passait par Jean Baptiste, alors qu'ils prétendent vivre dans une stricte obéissance à Dieu. Par contre publicains et prostituées se sont convertis alors qu'ils vivaient ouvertement en désaccord avec la Loi de Dieu et avaient donc répondu non. Et cela n'a pas conduit les grands prêtres et les Anciens à ajouter foi au témoignage de Jean Baptiste: ils ne se sont pas repentis; ils sont restés sur leur non. Pour eux en effet le baptême de Jean ne venait pas de Dieu.

Neuvaine pour les vocations

Neuvaine pour les vocations dans notre communauté. Merci de prier avec nous.

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